Ce que les femmes se murmurent de génération en génération
Il y a des choses que l’on ne retrouve pas dans les livres.
Des gestes, des inquiétudes, des silences, des élans.
Ces choses-là ne sont pas écrites — elles sont transmises.
Parfois très tôt.
Parfois très tard.
Parfois jamais.
La féminité n’est pas un modèle à atteindre.
C’est une mémoire en mouvement.
Un tissu de sensations, de peurs, de désirs et de savoirs, que chaque génération porte différemment — et tente, à sa façon, de transmettre.
Où apprend-on à être femme ?
Sur Tiktok ?
Dans la famille ?
Dans les blessures ?
Dans les regards ?
Ou dans l’absence de modèles ?
Beaucoup de femmes grandissent avec une féminité incomplète, floue, parfois coupée d’elles-mêmes. On hérite de choses qu’on ne comprend pas, ou qui ne nous ressemblent pas. On porte des injonctions comme on porte un manteau trop lourd — sans savoir comment l’enlever.
Alors surgit une question intime, essentielle : qui peut nous apprendre à habiter notre propre féminité ?
- La transmission : visible ou invisible ?
Certaines transmissions sont déclarées. D’autres sont souterraines.
On transmet par les mots — mais aussi par les silences.
Par la présence — et parfois par l’absence.
Transmission biologique.
Transmission culturelle.
Transmission émotionnelle.
Transmission du corps.
Transmission de ce qu’on n’a pas su dire.
Ce que l’on ne peut pas donner… se rejoue.
Ce que l’on n’a pas reçu… se cherche.
Parfois, au travers des filles — ou au travers des fils.
Les héritages que l’on répare
Être femme aujourd’hui, c’est souvent composer avec deux mouvements :
respecter l’héritage reçu et en transformer les limites.
Il ne s’agit pas de rompre. Mais de réajuster.
De rendre à la féminité sa respiration personnelle.
De transformer la fatalité en choix.
La honte en conscience.
La gêne en langage.
Ce n’est pas un combat frontal.
C’est une réparation patiente — une reprise de souveraineté.
La transmission comme acte de création
Transmettre ne consiste pas seulement à répéter.
Transmettre, c’est créer.
Créer un espace neuf — où une fille, une sœur, une mère, une amie peut :
être entendue,
être accompagnée,
ne plus porter seule,
choisir ce qu’elle garde et ce qu’elle libère.
C’est peut-être cela, la véritable transmission :
non pas dire ce qu’il faut être, mais offrir un espace pour devenir.
Et demain ?
Nous ne savons pas ce que sera la féminité dans cinquante ans.
Mais nous pouvons déjà semer autre chose :
des mots justes,
des espaces de confiance,
des modèles pluriels,
la liberté d’éprouver sans se justifier.
Transmettre, ce n’est pas fermer une boucle.
C’est l’ouvrir. Vers plus grand que soi.
La transmission n’est pas la fin d’une histoire.
Elle en est le commencement.