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La mémoire et les silences

Ce que l’on porte sans le dire

Il existe des histoires qui ne se racontent pas à voix haute.
Elles sont faites de sensations, de résonances, de souvenirs restés en suspens. Ce sont des présences discrètes — parfois lourdes, parfois très légères — qui vivent en nous sans avoir de forme.
La mémoire ne se limite pas à ce que l’on se rappelle.
Elle contient aussi ce que l’on a enfoui — et ce que l’on cherche encore.
Le silence n’est pas un oubli.
C’est souvent une attente.

Ce que l’on tait… existe quand même

Certaines choses ne se disent pas parce qu’elles font mal.
D’autres parce qu’elles sont trop belles pour être dites.
D’autres encore parce qu’on ne trouve tout simplement pas les mots.
Mais l’absence de mots ne signifie pas l’absence de sens.
Les silences contiennent parfois l’essentiel :
les émotions premières, les blessures fondatrices, les joies pures, les voix anciennes.

La mémoire comme fil secret

La mémoire n’est pas figée.
Elle bouge, elle respire, elle se reconfigure.
Elle revient par fragments :
une odeur, une lumière, une phrase entendue, un paysage familier…
et soudain, le passé se réveille dans le présent.
Il y a peut-être là une voie de guérison :
redonner voix à ce qui n’a pas pu être dit.
Non pas pour revivre — mais pour relier. Et pour faire place.

Faire place aux silences

Accueillir un silence, ce n’est pas sombrer.
C’est reconnaître qu’il existe quelque chose à écouter.
On ne force pas un silence à parler.
On lui crée un espace pour se déposer — un espace où une mémoire peut s’ouvrir doucement, à son rythme.
Faire place aux silences,
c’est reconnaître ce qui cherche à vivre encore.
La mémoire n’enferme pas.
Elle relie — si on lui laisse un chemin.

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