Quand les forêts chantent et que l’on est si peu à les entendre.
Le chant des forêts de Vincent Munier est un film sublime — comme tout ce que fait Vincent Munier.
Les images y sont d’une beauté saisissante. Elles rivalisent entre elles de poésie mélancolique, de clair-obscur hypnotiques, d’absences-présences subtiles.
Les animaux et la forêt sont les grands héros de cette histoire, pour notre plus grand bonheur. Et ils nous tendent un miroir, infiniment beau et douloureux.
Ils poursuivent leur existence comme ils le peuvent, malgré nous. Jusqu’à ce qu’ils ne le puissent plus.
À l’image de l’une des figures emblématiques du film : le grand tétras, que l’on est désormais contraint d’aller observer dans le Grand Nord, faute de rencontres possibles dans la forêt des Vosges — pourtant cœur battant du récit.
Le chant des forêts : une poésie du vivant
Au-delà de la musique et des images envoûtantes, que je recommande ardemment de découvrir sur grand écran, le film raconte aussi une histoire délicate de transmission.
J’ai été profondément touchée par la douceur et l’humilité de cette lignée de « chasseurs de lune ».
Ces hommes sont magnifiques. Les plus beaux qui soient.
Ce sont ceux qui savent encore écouter.
Et comprendre le murmure des forêts.
Transmission, silence et écoute du monde
Il y a quelque chose de bouleversant à voir ce jeune garçon se lever dans l’inconfort et le froid pour observer un grand tétras.
Chez lui, ce n’est pas un effort.
C’est une évidence.
Et cette magnifique pensée du père à la vue du troglodyte mignon.
Je n’en dis pas plus ici mais elle m’a fait un bien immense.
Merci Monsieur Munier.
Quand les forêts chantent et que l’on est si peu à vouloir les entendre
Les adolescents qui m’accompagnaient, dont la mienne, ont refusé de voir Le chant des forêts et ont préféré aller voir Zootopie 2.
Je n’ai pas osé les contraindre, même si l’idée m’a lourdement traversé l’esprit.
Leur salle était pleine.
Nous étions huit dans celle du Chant des forêts.
J’espère de toutes mes forces que ce film rencontrera le succès qu’il mérite.
Qu’il ramènera, délicatement, subtilement, durablement, la forêt dans le cœur de quelques-un·es.
Et que mes adolescents boudeurs trouveront, un jour, le chemin de ce film.
Pour notre bien à tous-tes.
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