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Silences familiaux et repas de Noël

Le silence du festin: ce que les repas de famille ne disent jamais

Pendant les fêtes, les repas de famille deviennent un théâtre intime où les émotions se taisent, où les non-dits prennent toute la place. Cette chronique explore la psychologie des repas de Noël, les silences familiaux, les dynamiques passives-agressives et l’héritage invisible qui habite les maisons.

Ah ces silences…

Au fond, on les préfère.

On s’y blottit, on s’y cache. 

Ils sont douillets ces silences.

Après s’être faite tâter le ventre par la tante Gertrude « Ooooh ! Mais je ne savais pas, c’est pour bientôt ? » (Non,  non, tata, c’est juste les petits fours… et la vie qui a fait mon ventre bombé et souriant).

silences familiaux repas de Noël – chroniques intimes

Après s’être fait-e asticoter par l’oncle Bertrand sur le mode « ce serait bien que tu te stabilises enfin. Tes parents s’inquiètent, tu sais ? T’étais pourtant bonne à l’école ?! Regarde ta cousine, elle était moins bonne que toi mais elle s’en sort mieux dans son boulot. Fais un petit effort… »

Et puis être achevé-e par la cousine en question : « Tu sais, je l’ai jamais senti ton François. Il plaisait à tout le monde, mais moi, j’avais senti qu’il y avait un truc ! » avec cet air sérieux et formel du sachant.

On adore le temps silencieux du repas.

Celui où on peut profiter de toutes les bonnes choses à table.
Et puis de la famille.
Sans se mouiller. Sans être épluchée, questionnée, raillée parfois.
Prendre un air absent. Ne rien dire. Juste écouter.

Le silence du festin.

Aller même jusqu’à faire mine de ne pas entendre quand l’oncle Bertrand revient à la charge.
Et même s’il prononce plusieurs fois notre nom.
Plus la table est grande, mieux c’est.

Et puis écouter encore.
Les mêmes automatismes. Les mêmes discussions, avec une ou deux actualités en plus par rapport à l’année dernière.
Parce que c’est ça la famille.

Les mêmes bons vieux systèmes de défense passifs-agressifs. 

« Moi je dis ça, c’est pour toi ». 

« Je te l’avais dit ».

« Tu en fais toujours qu’à ta tête ».

Autant de phrases qui devraient être rayées de notre vocabulaire.
Définitivement interdites par la loi.
Comme si ces phrases-là avaient déjà fait avancer quelqu’un…

Et pourtant.
Elles abîment le silence mais elles sont familières.
Sans elles, le repas de Noël n’en serait plus un.
C’est encore ça, la famille.

Alors on continue de prendre la température des gens autour de la table à l’intensité des rires (trop forts, c’est jamais bon), à la rougeur des pommettes et au nombre de bouteilles bues.

Plus on reste silencieux, plus on voit, plus on sait.

La famille, on l’aime. Mais on la hait. 

C’est nous. Et puis tout notre contraire.
Ils savent tout de nous, et tellement rien à la fois
On ne supporte plus d’être avec eux.
Mais on en crèverait s’ils n’étaient plus là.
Et on s’inquiète pour eux. On veut qu’ils aillent bien. 
Mais pas trop près de nous. A distance modérée. Choisie. Ajustée.
Un silence sur mesure, en somme.

Et puis il y a les familles épouvantables

Les Trudeau par exemple.
Les serial démolisseurs. 
Ils nous vident de notre existence et nous remplissent de la leur.
Ou plutôt de leur non-existence : leurs obsessions, leurs terreurs, leurs erreurs.
Toutes leurs responsabilités deviennent les nôtres.
Si on n’y prend pas garde, on devient un-e autre. 
Mais un truc moche. Un truc qui nous plait pas. Qui nous rend pas heureux.
Qui s’emboite parfaitement avec les délires de l’assemblée.
Mais qui nous bousille plus sûrement que n’importe quel autre fléau.
Rester chez les Trudeau, c’est mourir.

La seule issue, c’est de partir.
C’est le prix à payer pour avoir une chance de vivre.
On sera encore malheureux, triste, mélancolique.
Mais on aura une chance d’être vivant.

Si tu es dans une famille Trudeau, le silence du festin ne suffit plus. C’est lui qui t’avale. 
Alors je te souhaite de tout mon cœur une cousine Louve, une Tante Aglaé et le courage d’Inès.

Car, parfois, survivre, c’est apprendre à partir.

C’est ce monde-là que j’explore dans les chroniques intimes : les silences familiaux, l’héritage invisible, les maisons qui gardent tout. Dans mon imaginaire, certains réveillons ne ressemblent pas à une fête, mais à un huis clos où la mémoire est assise à table, comme dans le festin des silences.

Si tu veux continuer cette exploration, reçois ta nouvelle gratuite ici— je partage régulièrement des fragments, des atmosphères, des histoires.

Et toi, comment vis-tu les silences familiaux pendant les fêtes ? T’apaisent-ils, ou te blessent-ils ?

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