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L’intime et le monde

Quand notre vie intérieure rejoint les enjeux collectifs
On l’oublie souvent : le monde ne commence pas dehors.
Il commence dedans.
Là où ça touche. Là où ça blesse. Là où ça bouge.
L’époque est folle :
tant de moyens, si peu de présence.
Connecté-e-s à tout, épuisé-e-s de tout.
Fitbit au poignet, cernes sous les yeux.

Et si la crise du monde était une crise de l’intimité ?
Pas celle des stories et des filtres.
L’autre.
La sensible.
La fragile.
La cachée.
Celle qui nous relie au vivant — dedans, et dehors.

L’écologie commence dans le regard
L’écologie de soi, l’écologie du monde — c’est d’abord une manière de percevoir.
Ce que nous ne regardons plus disparaît de nos choix.
Ce que nous survolons nous échappe définitivement.
Prendre soin de l’intime, c’est réapprendre à voir le geste minuscule, l’insignifiant qui dit tout, la valeur d’une fragilité.

Le plein qui creuse le vide
Tout faire, tout acheter, tout prévoir ne remplit pas.
Ça occupe.
Ça remplit les placards, les emplois du temps, le corps…
mais ça creuse encore plus l’intérieur.
Quand l’intime est nié, le monde le remplace :
on collectionne, on optimise, on consomme.

Retrouver l’intime,
c’est discerner ce qui anesthésie de ce qui nourrit.

Quand le monde devient extérieur
Quand l’intime s’éloigne, on s’accroche à la vitesse, à l’image, à la comparaison.
On se perd.
Souvent très loin de soi.
Revenir à l’intime, ce n’est pas fuir le monde.
C’est le réapprendre. Se comprendre.
Ne plus se trahir.

Trois gestes de résistance douce

Sobriété — moins, pour que quelque chose puisse revenir.
Lenteur — retrouver le rythme humain, le rythme du vivant.
Authenticité — retirer les masques. Faire de la place.

Ce ne sont pas des retraits.
C’est être — vraiment, enfin.

Habiter sa vie
Un souffle,
une marche,
un silence,
un “non” nécessaire. De tout petits gestes.
Mais intimes. Et donc vivants.

Et si l’intime était politique ?

Le monde a besoin d’actions visibles.
Mais aussi d’enracinements invisibles.

L’intime est cet enracinement.
Ce fil vivant entre le dedans et le dehors.

L’intime n’est pas un refuge.
C’est LE point de départ.

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