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Le Festin des Silences : un roman sur les secrets de famille et le poids du non-dit

Les secrets de famille façonnent nos vies bien plus qu’on ne l’imagine.

Le Festin des Silences est un roman sur les secrets de famille et le poids du non-dit, qui explore la manière dont une histoire familiale cachée peut entraver la construction d’une identité.

L’enfance est ce qui nous construit. C’est la période de notre vie où nous modelons notre caractère, bâtissons la première ébauche de notre vision du monde, vivons nos premiers émois modelant notre personnalité. Mais cela, nous ne le vivons pas seuls. Nous le vivons en réaction avec notre environnement qui, donc, est un pilier de notre identité. J’ai écrit un roman sur les secrets de famille – Le festin des silences – pour démontrer à quel point nous pouvions grandir, non pas avec, mais plutôt malgré notre terreau familial : que se passe t’il quand notre famille nous cache notre histoire ? Comment devenir celui ou celle que l’on doit devenir si nos fondations sont partielles ? Surtout que ces secrets ne sont jamais là par hasard. Ils cachent souvent des vérités inavouables sur ceux et celles que l’on aime.

Les secrets de famille : une violence invisible et silencieuse

Les secrets de famille ne disparaissent jamais vraiment.
Ils s’enfouissent, se taisent, se transmettent sans bruit. Mais pourtant, ils pèsent si lourd.

Souvent, rien d’objectif ne trahit leur existence. Pas de document, pas de trace, pas de preuve. Seulement des sensations.
Des moments où l’on se sent mal à l’aise.
Des frissons d’incompréhension devant un agacement soudain pour une broutille : un objet déplacé, une question anodine, l’ouverture d’une porte interdite. 
De la tristesse suite à une scène familiale inimaginable pour avoir parlé à une personne, être allé dans un endroit, avoir fait une activité.

On se rend juste compte, après coup, que ce comportement était désapprouvé par sa famille. Sans aucune raison intelligible. 
On est tombé sur une mine sans savoir que le terrain était à risque.

Le Festin des Silences est un roman sur les secrets de famille, sur ce qui ne se dit pas mais façonne pourtant les corps, les relations et les générations.

Parce que ces frissons d’incompréhension, ces petites tristesses, cumulés dans le temps, façonnent les personnalités.
Sans le savoir, on évitera naturellement ces choses, ces gens, ces comportements par loyauté familiale.

On ne saura même pas expliquer pourquoi. On le fera, c’est tout.

Les porteurs de secrets de famille

On ne saura même pas expliquer pourquoi. On le fera, c’est tout.
Et sans même le savoir, on deviendra soi-même porteur du secret de famille. Un fervent défenseur de ce silence qui entrave, freine et, parfois, détruit.

On deviendra le moteur de la malédiction.

On ne parlera plus au poissonnier, c’est promis. Mais on ignorera que c’est parce que c’est le fils du frère caché du grand-père. Donc l’oncle. Et on ne se doutera pas d’où vient ce dégoût hérité des produits de la mer.

On grandira dans un silence assourdissant concernant la sexualité. Jusqu’à se demander à 18 ans à quoi peut bien ressembler un orgasme. La leçon de la paire de gifles reçue à 11 ans pour avoir parlé du sexe de sa poupée a bien porté ses fruits. Et on découvrira sur le tard que des abus sexuels ont détruit l’enfance d’une mère dépressive. Et, donc, son propre rapport au sexe.

On n’aura jamais osé franchir le seuil du grenier, interdit depuis la plus tendre enfance parce qu’il y avait des « gros rats ». Le jour où il faut débarrasser le grenier suite au décès du dernier parent, on découvre, pantois, la passion honteuse du père pour les BD. Même père qui interdisait toute activité jugée « pas assez intellectuelle » pendant l’enfance. Et si cela avait un lien avec le gros burn out dont on n’arrive pas à se remettre ?

On porte les stigmates de ces non-dits qui nous contaminent et nous freinent dans nos vies.

Quand le silence devient une stratégie de survie

Et parfois, on intériorise tellement le silence qu’il en devient une nature profonde.
Le non-dit devient constitutif de la personnalité. 

Et c’est souvent ce qu’il y aura de moins épanoui en soi. De plus étroit. Quand ce n’est pas pathologique.

Le silence imposé par la famille est tellement intégré qu’on aménage sa personnalité sur mesure autour de lui. 
Mais cet aménagement a un coût énorme : il demande la plupart du temps de taire une partie de soi, de l’anesthésier, de l’ignorer. 
De remplir ce vide imposé par quelque chose qui n’est pas nous. De réinventer une partie de soi pour se conformer à ce qui est attendu par la famille.
Et on tombe alors dans la dissociation.

Par exemple, grandir avec une mère perverse peut induire, même quand l’on est pas pervers soi-même, d’oublier la partie douce et empathique en soi.
En effet, ces traits de caractère seront raillés, exploités, détournés.
Alors on s’inventera une nature cynique et corrosive, en accord avec l’ambiance familiale. 
Bien plus adaptée pour survivre dans un environnement familial délétère.
Mais qui nous prive de nous même.
Qui nous demande une énergie colossale parce que jouer un rôle épuise.
Et se nier finit par détruire.

Le silence peut aider à survivre. Mais ne permet pas de bien vivre.

Pourquoi les romans sur les secrets de famille nous bouleversent autant

Les secrets de famille nous bouleversent.
Sans doute parce nous en avons tous vécus à plus ou moins haute dose. C’est un écho à notre propre vie.

C’est fascinant de voir de l’extérieur à quel point certains secrets de famille peuvent impacter un héros auquel on s’attache.
Les larmes nous reviennent presque lorsque l’on pense à Penelope Cruz qui chante dans Volver, aussi belle qu’usée par des sombres histoires familiales d’abus cachés.
On a envie de hurler la vérité avec le héros de Festen.
De frémir rien qu’en repensant au secret caché de « Elle s’appelait sarah » de Tatiana de Rosnay.

On se retrouve dans ces larmes, ces cris, ces frissons.
Chacun contient un peu de nous. De notre famille.
Même si, et je vous le souhaite, c’est dans une bien moindre mesure.

On a tous dû expérimenter la dissociation pour plaire, pour ne pas déplaire, pour être plus adapté.
Poussé-e par tout un conditionnement familial. 
Pour le pire et pour le meilleur.

Le festin des silences, un roman psychologique sur l’emprise familiale

J’ai écrit le festin des silences pour montrer ce qui peut se passer dans la tête d’une adolescente aux prises avec des non-dits familiaux qui l’étranglent. 
Et au delà des non-dits, piégée par une dynamique familiale aussi étouffante qu’implacable.
J’ai souhaité que le système s’assoit sur un statut social absolument incontestable. 

Cela écrase d’autant plus toute velléité de renversement de l’ordre établi.
Et rend les murs de la prison totalement infranchissables.

Mes héroïnes, fragiles car très contestables en apparence, se révèlent être les personnes en réalité les plus raisonnables de l’assemblée.

Que ce qui paraît ne soit pas la réalité.
La vérité n’est pas du côté de ceux et celles que tout accuse.

À travers ce roman sur les secrets de famille, j’ai voulu montrer comment le silence, loin de protéger, peut devenir un outil d’emprise et de destruction psychique. (Voir à ce propos la chronique sur l’emprise psychologique ou comprendre une violence invisible)

À qui s’adresse ce roman ?

Ce roman s’adresse à celles et à ceux qui étouffent sous le poids des convenances.
Qui voient à quel point le monde souffre des vendeurs de vérité à quatre sous.
De celles et ceux qui disent « savoir ».
Qui écrasent les non aligné-e-s sur les facteurs de réussite actuels.
Ou qui écrasent tout court.
Et surtout, dans leur propre famille.

Prolonge ton voyage avec les lettres des chroniques intimes.

À propos de ce texte

Ce texte appartient aux Chroniques Intimes, un ensemble d’écrits où j’explore les silences, les liens et ce que l’on comprend parfois trop tard de sa propre histoire.

Je m’appelle Mathilde du Val. J’écris des récits et des romans psychologiques autour de la mémoire, de la perception intérieure et de la façon dont une vie peut se réinterpréter avec le temps.
Une part de cet univers se poursuit dans le roman Le Festin des Silences.

Les autres textes vivent ici : https://chroniquesintimes.com/tous-les-ecrits-chroniques-intimes/

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