Quand le plaisir disparaît
Il y a un moment où le plaisir disparaît.
Pas d’un coup.
Pas avec fracas.
Juste… il ne vient plus. Il n’est plus jamais au rendez-vous.
Tu continues.
Tu parles.
Souris.
Travailles.
Tout est en place.
Tout fonctionne.
Et pourtant.
Rien ne te traverse.

Ne plus rien ressentir
Tu vois les détails.
Le faux pli d’une robe.
La dissonance dans une voix.
Les fautes d’orthographe dans un message.
Comme si ton attention s’accrochait à tout… sauf à la vie.
Tu fais tout pour le mieux.
Tu ajustes.
Corriges.
Anticipes.
Tout devrait rouler.
Mais tu ne ressens rien.
Ni le plaisir.
Ni le bonheur.
Dissociation douce : vivre sans être là
Par moments, tu te regardes vivre.
Tu es légèrement à côté.
Une forme de dissociation.
Tu es là.
Mais en même temps, absente.
Une vie qui coche toutes les cases
De l’extérieur, tout fonctionne.
Une vie stable.
Des choses réussies.
Des moments qui devraient être extraordinaires.
Et pourtant…
Au moment où ça arrive, quelque chose bloque.
L’absence de plaisir
Même le corps suit.
Les gestes sont là.
Les réactions aussi.
Cependant, à l’intérieur…
Rien.
L’absence de plaisir est partout.
Dans le lit.
Dans la vie.
Tout sonne faux.
Et toi, en premier.
Le regard des autres
Alors les autres jugent.
Trop froide.
Trop exigeante.
Jamais satisfaite.
Une pisse-froid.
Mais ils ne voient pas que tu essaies.
Tu essaies de faire plaisir.
D’aimer.
Et de ressentir.
Mais peut-on ressentir sur commande ?
Pourquoi je ne ressens plus rien ?
La question finit par arriver.
Brutale.
Est-ce que quelque chose en moi est cassé ?
Est-ce que j’ai toujours été comme ça ?
Ou mon histoire a-t’elle fait taire quelque chose ?
Alice
Elle s’appelle Alice.
Brillante.
Jolie.
Elle coche toutes les cases de la femme qui assure.
Et pourtant…
Elle ne jouit pas dans un lit.
Elle ne jouit pas dans la vie.
Est-elle même vivante ?
Retrouver son souffle
Alice ne va pas retrouver le bonheur.
Pas tout de suite.
Elle va néanmoins retrouver quelque chose de plus fondamental.
Son souffle.
Ce moment presque imperceptible
où l’air revient.
Où quelque chose circule à nouveau.
Et ça suffit.
Parce que c’est par là que tout recommence.
Remplir le vide : un chemin
Remplir le vide n’est pas une histoire d’amour.
Ni une histoire de plaisir.
C’est une histoire de retour à soi.
Un chemin intime.
Singulier.
Qui ne ressemble à aucun autre.
Et qui commence, parfois,
là où plus rien ne se passe.
Et toi ?
Est-ce que ça t’est déjà arrivé de ne plus rien ressentir… alors même que tout était là ?
Remplir le vide est envoyé dans la première lettre intime des Chroniques.
Je serais heureuse que tu t’y plonges…
et que tu me dises ce que tu en penses.
À propos de ce texte
Ce texte appartient aux Chroniques Intimes, un ensemble d’écrits où j’explore les silences, les liens et ce que l’on comprend parfois trop tard de sa propre histoire.
Je m’appelle Mathilde du Val. J’écris des récits et des romans psychologiques autour de la mémoire, de la perception intérieure et de la façon dont une vie peut se réinterpréter avec le temps.
Une part de cet univers se poursuit dans la nouvelle Remplir le vide.
Les autres textes vivent ici : https://chroniquesintimes.com/tous-les-ecrits-chroniques-intimes/