Quand on ne vit plus vraiment mais qu’on continue quand même
Il y a des périodes où l’on ne vit plus vraiment.
On tient.
On répond aux messages,
on prépare les repas,
on travaille,
on sourit parfois même.
Et pourtant, intérieurement, quelque chose est à bout de souffle.
La boule est bien nichée dans sa gorge, le noeud dans son estomac. Les yeux brûlent du manque de sommeil.

Le mode survie : un état invisible où on tient tout juste debout
Chaque matin, on se dit : « j’y arriverai pas, c’est impossible que je tienne jusqu’à ce soir ».
On y va quand même. Et puis à notre plus grande surprise, on arrive jusqu’au soir et on a tenu.
Et ça, ça peut durer des semaines, voire des mois. Des années, même.
C’est ce que j’appelle le mode « survie », le vrai.
Je crois que beaucoup de femmes sont amenées à vivre ainsi. Des hommes aussi.
Pourquoi les personnes les plus fortes tiennent parfois trop longtemps
Sans drame visible.
Sans effondrement spectaculaire.
Juste avec cette phrase silencieuse dans la tête : “Tiens bon, encore.”
Le pire, c’est que plus on est costaud, plus ça peut durer longtemps.
Les réserves sont là pour supporter l’insupportable.
On tient la charge mentale à bout de bras.
Le corps à bout de nerf.
Alors on finit presque par s’habituer.
L’épuisement devient le quotidien, le burn out émotionnel une seconde peau.
On croit que la vie, c’est survivre.
« Tiens bon, encore » : écrire la survie psychologique
J’ai voulu raconter ça dans tiens bon, encore, incluse dans le recueil rien de grave.
Le déclic de cette nouvelle, ça a été la chanson d’Indochine « le chant des cygnes ».
J’avais trouvé mon hymne.
Celui de la révolte contre cette vie de survie.
La nouvelle est conçue sur le format de la chanson.
Elle raconte les bourreaux, les courageuses, les combattantes et les orphelines.
Autant d’histoires, autant de situations, autant d’émotions sur les raisons et les façons de tenir : violentes, dures, cachées, tues.
Et, enfin, sur ce qu’on ne tient plus, sur ce qui craque.
Ce récit est dédié à ma fille.
J’ai voulu raconter par des histoires les motifs de révolte, de colère, d’injustice. Ce qu’elle n’a déjà que trop connu.
Presque comme un puzzle. Avec des pistes pour apprendre à se relever, à résister et à se reconstruire.
La résilience faite femme.
Pour ne plus survivre, vivre enfin.
Elle ne l’a pas encore lu.
Elle a le temps.
Ce qui compte, c’est que ce soit écrit quelque part.
Ce texte la trouvera quand ce sera le moment.
J’espère qu’il te trouvera aussi, si tu en as besoin.
« Aux bourreaux, nous avons survécu,
aux courageuses, nous avons appris,
aux combattantes, nous nous sommes relevées,
des orphelines, nous avons fait des mères. »
À propos de ce texte
Ce texte appartient aux Chroniques Intimes, un ensemble d’écrits où j’explore les silences, les liens et ce que l’on comprend parfois trop tard de sa propre histoire.
Je m’appelle Mathilde du Val. J’écris des récits et des romans psychologiques autour de la mémoire, de la perception intérieure et de la façon dont une vie peut se réinterpréter avec le temps.
Une part de cet univers se poursuit dans les lettres intimes. Tu pourras notamment découvrir dans la première mon texte Remplir le vide sur le vide intérieur.
Les autres textes vivent ici : https://chroniquesintimes.com/tous-les-ecrits-chroniques-intimes/