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Un lieu ensoleillé pour personnes sombres —Mariana Enriquez

Une couverture, d’abord. 

Hypnotique. 

Elle est encore à la verticale, en appui sur ma table de chevet. La première chose que je vois au lever, la dernière au coucher.

Elle me sidère toujours autant, des mois après avoir acheté le livre.

Le mal guette. Il n’est que léchant, pour l’instant. Un doute demeure : va t’il mordre ? Va’t’il en rester à une marque d’affection inquiétante ?
On voit que la jeune fille allongée est prête à tout accueillir. Le mal comme le pire. Résignée, prête, abandonnée. 

Le dessin est soyeux. La fourrure de la bête veloutée, la peau de la jeune fille, porcelaine froide et lisse. 

C’est glaçant. Sidérant. Magnétique. 

Et puis il y a le livre. Les nouvelles. 

Un monde sombre, assez poisseux, peuplé de petites obsessions malsaines, de curiosité morbide, de maladies étranges, de manifestations effroyables.

Des personnages torturés. Autant par les événements et leur entourage que par eux-mêmes. 

Ils se débattent. Tentent de surmonter, de se cacher, d’oublier, d’affronter. 

L’effroi guette à chaque page. 

Les destins sont funestes. 

Peu en réchappent. Certains apprennent à survivre à l’effroi. D’autres périssent. 

Du génie. 

Je suis d’accord avec Chris Laquieze. 

Mariana Enriquez est l’incarnation désespérément contemporaine de Edgar Allan Poe.

Et vu l’admiration que je voue depuis toujours à ce monsieur, on peut parler d’un miracle. 

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