Que reste-t-il de ceux que l’on perd ?
Dans Les Battements minuscules, j’explore le deuil, les liens invisibles et ces traces qui continuent d’agir en nous
Il y a des choses qui ne disparaissent pas.
Elles changent simplement d’endroit.
Tout part de là, de ce qui semble disparaître
Dieu que ça brûle quand on sait que c’est foutu !
Tout se déchaine : la colère, le désespoir, l’indignation.
On croit que l’univers entier nous hait.
On a l’impression que l’on ne pourra jamais revivre convenablement, définitivement amputé de ce quelque chose ou de ce quelqu’un d’indispensable à notre existence.
Et pourtant, on y est bien obligé.
Alors on se relève.
En morceaux, mais on le fait. Il faut bien le faire.
Au début, ça n’a aucun goût. C’est juste pénible, morose, épuisant.
Et puis on retrouve un léger rythme.
Une toute petite saveur.
On se dit que ça vaut peut être le coup, finalement.
Et puis c’est pile au moment où on commence vraiment à ne plus y penser.
C’est précisément là.
Ça arrive.
Une anecdote. Une photo. Une nouvelle lointaine.
Ou alors juste un truc qui nous effleure, comme une pensée ou une sensation.
Une minuscule réponse.
Une immense évidence.
On se le dit : c’est là. Il ou elle a toujours été là.
Et on se marre.
Comme un-e dément-e.
Dans un vide rien qu’à nous.
Et à lui. Ou à elle.

Un souffle sur la nuque et une odeur de peau
D’où viennent ces battements minuscules ?
D’un micro-instant.
Dans les marches de la maison de famille.
Des mois après sa mort.
Des mois de larmes. De désespoir. De pourquoi t’es parti comme ça.
Et c’était lui.
Un souffle chaud dans la nuque.
Et son odeur. Celle de sa peau.
Je la reconnaitrais entre mille.
Et je l’ai reconnue.
C’était bien lui.
Il n’était pas parti. Et il ne partira jamais vraiment.
Les battements minuscules : l’histoire d’une évidence
Comment expliquer cette évidence ?
Il fallait de l’amour, évidemment.
De l’amour déçu.
Qui se transforme.
En quelque chose de global, d’universel.
Loin de la rancœur et de l’amertume.
Je voulais tout le contraire justement.
L’amour déçu d’un-e seul-e devient de l’amour généreux pour tous et toutes.
De l’amour confiant.
De ceux qu’on croit aveugle et dément au début.
Presque un peu débile.
Un feu de paille qui fait lever les yeux au ciel.
Et puis on se rend compte que c’est pour de vrai.
Un truc tellement énorme qu’on n’a rien compris.
Un truc beaucoup plus intelligent que nous.
De l’amour surprise.
Parce qu’on croyait que ça n’arriverait plus.
On s’était juré de ne plus retomber dans ce piège infernal.
De se garder bien à distance de ce beau bordel.
Dans les livres qui ne font pas de mal. Les écrans qui mettent à distance du feu.
Et puis, bim.
Montmartre.
Et il fallait de la vie autour.
Avec tout ce qui émerveille et tout ce qui blesse.
Ce qui bat dans les battements minuscules
Des jolis cœurs que rien ne destinait à réunir.
Ni l’âge, ni l’origine, ni les goûts. Rien.
Ils ont en commun d’avoir été blessé.
Ils souffrent mais ils continuent quand même.
Et malgré ce qu’ils ont vécu, ils sont restés ouverts.
C’est la clé.
Des liens invisibles les relient de plus en plus solidement.
Ils les construisent tout doucement.
Sans y croire, sans même s’en rendre compte.
Ils les tissent à coup de petites choses qui n’ont l’air de rien.
Qui font même un peu chier.
Et puis, tout à la fin, ils comprennent.
La transmission est aussi un de ces liens.
Qu’est-ce qu’on laisse après soi ?
Comment on le laisse ?
De quelle façon on l’exprime ? Comment on le fait comprendre à ceux qui ne sont pas prêts ?
J’ai bien aimé proposer une réponse… disons… créative.
Et enfin, ce qui reste.
Quand on croit que tout est fini.
Mais qu’en fait, rien ne se termine jamais vraiment.
Tout continue.
Ailleurs.
Autrement.
Toi. Moi. Nous. Et eux.
La promesse des battements
Je ne te promets pas une romance classique.
Je ne te promets pas un thriller non plus.
Mais voilà ce que je te promets : de ressentir.
Avec Angèle, Cécile, Giovanni qui deviendront ta famille le temps d’un voyage.
Et qui resteront après, avec toi, si tu en as envie.
Peut-être une journée.
Ou alors beaucoup plus longtemps, comme pour moi.
Ils me font du bien.
Redécouvrir ensemble ce que ça peut être d’aimer. Pour de vrai.
S’accompagner gentiment quand c’est drôle et quand ça l’est moins.
Déconner un peu.
Réapprendre à jouir aussi.
C’est jamais foutu
Les choses ne disparaissent jamais.
Elles se déplacent, voilà tout.
Alors on continue.
Pourvu que la compagnie soit bonne.
Si jamais tu te laisses tenter par la lecture des battements minuscules, dis-moi surtout, ici ou ailleurs, si tu as réussi à ressentir.
À propos de ce texte
Ce texte appartient aux Chroniques Intimes, un ensemble d’écrits où j’explore les silences, les liens et ce que l’on comprend parfois trop tard de sa propre histoire.
Je m’appelle Mathilde du Val. J’écris des récits et des romans psychologiques autour de la mémoire, de la perception intérieure et de la façon dont une vie peut se réinterpréter avec le temps.
Une part de cet univers se poursuit dans les lettres intimes. Tu pourras notamment découvrir dans la première mon texte Remplir le vide sur le vide intérieur.
Les autres textes vivent ici : https://chroniquesintimes.com/tous-les-ecrits-chroniques-intimes/